Savez vous ce qu'est la psychologie positive?

 

psychologie positive Anne Fioc3

Psychologie positive, « science du bonheur » ou encore « science du bien-être ». Il s'agit bien de la même discipline. Mais de quoi parle-ton exactement ?

La psychologie positive est apparue aux Etats-Unis à la fin des années 1990, sous l’impulsion de Martin Seligman, professeur de psychologie à l’Université de Pennsylvanie.

C'est une  science, qui investit de nombreux champs comme la santé, l’éducation, la psychothérapie, la justice, l’économie ou le travail.

En France, la psychologie positive s'est développée depuis quelques années dans le champ de la santé et de la psychiatrie. Elle commence également à investir celui de l'accompagnement professionnel et personnel, et même celui de l'entreprise!

Est-ce une nouvelle orientation de la psychologie ?

Pour répondre à cette question, je vous propose de relater l’anecdote de Jacques Lecomte, docteur en psychologie, enseignant et ancien président de l’Association Française et Francophone de Psychologie Positive, dans son ouvrage collectif « Introduction à la psychologie positive » :

« Il y a une douzaine d’années, je travaillais au sein de la rédaction du magazine Sciences Humaines, en tant que responsable de la rubrique « Psychologie ». Chaque numéro contient un dossier central dont la responsabilité est confiée en alternance à tel ou tel journaliste. Un jour, je propose « le bonheur » comme thème de dossier d’un numéro d’été. Le comité de rédaction donne immédiatement son accord ; dès lors, je dois trouver les enseignants chercheurs universitaires pour rédiger les différents articles composant le dossier. Pour la psychologie, je propose d’axer l’article sur le bonheur et les enfants ; autrement dit : qu’est-ce qui rend un enfant heureux ?

Il m’est facile de trouver un philosophe, deux sociologues, une spécialiste de lettres françaises, mais impossible de trouver un(e) psychologue francophone ayant écrit un article ou un livre sur le bonheur chez l’enfant. Toutes mes tentatives se révélant infructueuses, je me dis : « J’aurais eu moins de mal si j’avais choisi comme thème : « Le malheur chez l’enfant ou le jeune » ». En effet, j’ai à ma disposition des dizaines de livres et des centaines d’articles en français sur l’anorexie des jeunes filles, le suicide des adolescents, la toxicomanie ou la délinquance juvénile, etc., etc. Je rédige finalement moi-même l’article…en faisant la synthèse de travaux anglo-saxons ».

Cette anecdote est révélatrice de l’orientation globale de la psychologie au XXème siècle. Avant les deux conflits mondiaux, la psychologie comptait trois champs d’études : guérir la maladie mentale, améliorer nos vies et identifier et élever les talents. Après la seconde guerre mondiale, face à l'ampleur de la crise humaine, la recherche s’est focalisée sur la connaissance et le traitement des maladies mentales et psychopathologies, restreignant l'objet de la psychologie à la guérison de la maladie mentale. « Quand nous sommes devenus seulement une profession de guérison, nous avons oublié notre mission plus large : celle d’améliorer la vie des gens » revendique Martin Seligman en 1999. Le temps est venu, selon lui, de développer nos connaissances sur les vies normales ou fleurissantes, de se poser la question de ce qui marche plutôt que de ce qui ne marche pas, de s’appuyer sur les forces et potentialités plutôt que sur les manques. La psychologie positive est née!

Concrètement, la psychologie positive, c'est quoi ?

La définition de la psychologie positive communément retenue est celle de Gable & Haidt (2005) : « la psychologie positive est l’étude des conditions et des processus qui contribuent à l’épanouissement ou au fonctionnement optimal des individus, des groupes ou des institution ». Par « conditions », Gable & Haidt entendent l’environnement, les conditions de vie, les variables biologiques, les traits de personnalité, nous dit Rebecca Shankland (2014). Par « processus », toujours selon Rebecca Shankland, ils entendent les moyens mis en oeuvre pour développer des compétences permettant d'améliorer le bien-être : par exemple, établir des relations, communiquer ses émotions, développer son attention au moment présent, développer sa créativité pour résoudre des problèmes.

La psychologie positive, ce n'est pas la pensée positive ou la méthode coué

« La psychologie positive ne consite pas à positiver » titre Matthieu Ricard dans son blog. Elle n'est pas non plus la « pensée positive », ni la « méthode coué ». Pas plus qu'elle ne consiste à nier les problèmes et les dysfonctionnements et à observer le monde au travers de lunettes roses.

Pour conclure, la psychologie positive investit comme champ de recherche les sources de la santé psychologique. Les perspectives d'application et d'actions sont immenses. Et les recherches n’en sont qu’à leurs débuts!

 

Pour aller plus loin, je vous propose la lecture des ouvrages suivants :

Lecomte, J. (2014). Introduction à la psychologie positive. Ouvrage collectif. Paris. Paris.

Seligman M. (2008). La force de l’optimisme. Paris. Pocket.

Seligman M. (2012). Changer oui c’est possible. Les clefs de la psychologie positive. Paris. J’ai Lu.

Seligman M., Steen T., Park N., Peterson, C. (2005). Positive psychology progress. American Psychologist, 61, 410-421.

Shankland R. (2014). La psychologie positive. Paris. Dunod.

Site internet :

psychologie-positive.net

Tags: psychologie psychologie positive science du bonheur bonheur bien-être science du bien-être

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